Au vu de l’actualité, cette note s’intéresse à l’évolution des prix de l’eau de distribution et de l’assurance habitation.
Pas besoin d’épiloguer sur les liens avec ce qui se passe en Europe occidentale. La sécheresse de l’été 2026 nous rappelle à suffisance l’enjeu majeur de l’eau et de l’eau potable en particulier. On sait aussi que les assureurs, chez nous comme ailleurs, en appellent à un nouveau pacte avec les pouvoirs publics pour couvrir les risques – en hausse – liés aux dérèglements climatiques (incendies, inondations et les dégâts liés au retrait-gonflement des argiles, même si ce dernier risque semble plus concerner d’autres pays comme la France).
Entre 1996 et 2006, le prix de l’eau de distribution a augmenté plus que le revenu moyen des ménages et que l’indice-santé ; il a même augmenté deux fois plus vite que le prix de l’eau en bouteille. Le prix de l’assurance habitation a lui aussi augmenté plus que le revenu moyen des ménages et l’indice-santé ; il a également augmenté plus que l’indice ABEX.
Pour l’assurance habitation, ces évolutions se traduisent par une augmentation importante – presque un doublement – de la part des dépenses dans la consommation totale des ménages. Ce n’est pas le cas pour l’eau de distribution dans la mesure où la consommation moyenne a baissé au cours de cette période (équipements ménagers moins gourmands en eau et recours accru à l’eau de pluie).
Voici donc l’état des lieux à la veille d’évolutions qui risquent de peser plus ou moins lourdement sur le coût de l’eau de distribution et de l’assurance habitation.
Pour ce concerne l’eau, on pense aux investissements nécessaires pour interconnecter les réseaux, les travaux à intensifier pour réduire/supprimer les fuites sur le réseau, le coût de l’élimination de certains pesticides ou résidus de pesticides et, le cas échéant, le recyclage des eaux urbaines s’il s’agit d’alimenter les réseaux d’eau potable, ce qui se pratique déjà dans certains pays (le cas de Singapour est emblématique). Notons au passage qu’au plus on mobilisera l’eau de pluie pour certains usages, au plus, toutes choses égales par ailleurs, le coût unitaire de l’eau distribuée augmentera.
Pour ce qui concerne l’assurance habitation, il s’agit, pour l’essentiel, de faire face aux risques, nouveaux ou en augmentation, liés aux dérèglements climatiques. Dans les faits, il s’agit toujours d’un partage entre les assureurs, qui adaptent les primes en conséquence, et l’État (au sens large) qui couvre une partie des dépenses d’indemnisation ou de réparation. Les dépenses à charge de la collectivité peuvent être financées par le budget général et/ou par une taxe dédiée. C’est ainsi qu’en Belgique il existe une Contribution au Fonds des Calamités, soit une taxe de 6,50 % prélevée spécifiquement sur la partie de la prime qui couvre les risques de tempête et de catastrophes naturelles.
A priori, surtout dans un contexte de fatigue fiscale, il serait tentant de faire peser l’intégralité des augmentations des dépenses qui s’annoncent sur les utilisateurs. Mais il s’agit ici de dépenses régressives par rapport au revenu du ménage. Ceci est d’autant plus questionnant que les ménages plus aisés ont contribué et contribuent toujours de manière plus importante aux émissions de gaz à effet de serre et sont donc plus responsables des dégâts qui en découlent. L’application du principe de justice climatique voudrait qu’une partie au moins des dépenses publiques engagées pour réparer les dégâts des dérèglements climatiques soit financée par des recettes plus progressives.
Incidemment, la manière dont on financera ces dépenses additionnelles aura un impact sur l’évolution des indices de prix concernés et donc, même s’il s’agit d’influences qui resteront faibles, sur l’indice général et l’indice-santé et par conséquence sur l’indexation.
Plus dans la note ici.

Laisser un commentaire