UN MARCHE DU TRAVAIL PEU ACCUEILLANT POUR LES EXCLUS DU CHÔMAGE

Quatre messages-clés :

  • les perspectives sur le marché du travail ne sont pas engageantes pour les exclus du chômage : baisse de l’intérim, érosion de l’emploi en titres-services, recul des emplois vacants…
  • les jobs étudiants et les flexi-jobs continuent d’augmenter : ces deux catégories, non accessibles aux exclus, représentent désormais 3,3% des heures de travail effectivement prestées dans l’économie belge
  • l’emploi des âgés augmente plus que l’emploi global : le nombre de salariés de 65 ans et + a plus ou moins doublé entre 2022 et 2025 
  • l’emploi des indépendants se porte mieux que l’emploi des salariés.

Au 1er janvier un bouleversement majeur a pris cours sur le marché du travail : la limitation à maximum 2 ans des allocations de chômage. 

Cette première édition d’un tableau de bord du marché du travail se propose de jeter les bases des analyses qui pourront se développer au fur et à mesure que cette révolution fera sentir ses effets (ou pas). 

Manquent cruellement pour une meilleure compréhension de ce qui va se passer des données sur les indépendants et les malades. 

L’EMPLOI

Au cours de l’année 2025 on observe une croissance de l’emploi à un an d’écart et la performance s’améliore en cours d’année (trois trimestres disponibles à ce jour). Deux commentaires essentiels :

  • l’emploi indépendant se porte proportionnellement mieux que l’emploi salarié ; au cours des six derniers trimestres, celui-ci a augmenté plus que l’emploi salarié 5 fois ; 
  • l’évolution de l’emploi salarié est flattée par le très vigoureux développement des emplois non conventionnels (jobs étudiants et flexi-jobs des 65 ans et plus).  

L’emploi ONSS a – à un an d’écart – baissé légèrement au 3ème trimestre 2025, après 4 trimestres de croissance. On notera encore une baisse de 17.000 unités de l’emploi des moins de 65 ans et que c’est pour les wallons que l’emploi ONSS a le plus reculé. 

Au total, étudiants et flexi-jobeurs représentent désormais 3,3% des heures de travail effectivement prestées dans l’économie belge. 

Deux autres évolutions méritent d’être mises en évidence :

  • un recul tendanciel depuis février 2022 de l’activité dans l’intérim
  • une lente érosion de l’emploi en titres-services ; c’est surtout en Flandre que le nombre d’emplois en titres-services diminue.

Les pertes d’emplois liées aux faillites sont en 2025 supérieures à celles de 2024 sauf en Flandre où elles se sont stabilisées à un niveau inférieur à celui de 2024.

Les perspectives d’emploi se dégradent. En témoignent les glissements de trois indicateurs : 

  • l’indicateur des perspectives d’emploi recule de manière tendancielle depuis le début de 2022 ;
  • on observe une baisse tendancielle des perspectives d’emploi dans le secteur des services ; la balance des réponses positives et négatives est négative fin 2025 pour la première fois depuis le début de 2022 ! ;    
  • un recul des vacances d’emploi mesurées à un an d’écart ; le recul apparaît particulièrement marqué en Wallonie au 3ème trimestre de 2025 : -14,5% des vacances d’emploi totales et -16,3% des vacances pour des emplois fixes.

LES DEMANDEURS D’EMPLOI

La population active continuant à croître, les évolutions décrites ci-dessus aboutissent à une augmentation, tout au long de l’année 2025, du nombre de demandeurs d’emploi ; cette augmentation est particulièrement marquée en Wallonie.

Au total, des perspectives peu encourageantes pour ceux et celles qui sont supposés s’activer plus.

Détails dans la note ici.  

A votre disposition.

Meilleurs voeux pour 2026.

Philippe Defeyt
0476/906.365

Laisser un commentaire